ARCHERY STORY by Jean-Luc COUPET

Jean-Luc COUPET en 2015

Ce document pour essayer de combler le manque d’informations de la page historique du site des ARCHERS DE VICHY, je vais parler au singulier pour raconter mes souvenirs des débuts de la compagnie, je crois être un des derniers témoins de cette époque. Pour m’aider dans l’effort de mémoire, je me suis rapproché de Jean-Paul LEPLAIX, archer du début de la Compagnie.

Ma première licence remonte à l’année 1962, j’avais donc 11 ans à l’époque, catégorie benjamin, ne cherchez pas à me reconnaitre sur la photo !

Mes parents étaient tous les deux archers, et je les suivais naturellement aux entrainements. A l’époque nous faisions partie de la « Première Compagnie des Archers de Vichy » avec un capitaine Roger BOS, un trésorier Lucien QUEUILLE, un secrétaire Jean COUPET, des lieutenants André et Jean-Claude  BARDET, Jean-Paul LEPLAIX, Maurice FORT,  des membres comme Roger FOISSAC, Pierre CAMBOS, René LENOEL  et  d’autres dont les noms m’échappent. Le tir à l’arc était emprunt d’un esprit chevaleresque avec un grand respect des traditions, comme par exemple le « salut » avant et après le tir, amende assurée à celui qui oubliait.

Le premier capitaine du club devait être M. ALZAY , en 1956, remplacé ensuite par Roger BOS dans les années 1960, nous faisions partie de la ronde du Lyonnais avec 3 compagnies : Lyon, St Etienne et Vichy, avec un effectif d’une cinquantaine d’archers, toutes catégories confondues. NANO (Jean-Paul LEPLAIX) m’a parlé d’un tir de démonstration vers 1960, Place Bellecourt  au centre de Lyon, au milieu du public, avec très peu de protections à l’époque, les archers tiraient au milieu des passants.

Vers 1960, la Compagnie a participé au grand défilé de la cavalcade de Vichy. Avec son char muni d’un canon à confetti  escorté par les archers en tenue de Robin des Bois, à cheval,  elle a gagné le 1er prix du concours et s’est vu remettre un prix de 50.000 francs de l’époque, bravo à tous ces valeureux volontaires. A cette époque, le siège social était à la « Brasserie du Casino », puis a été transféré au « Café des Arts », avec une vitrine réservée aux différents trophées gagnés par les archers.

La ligue d’Auvergne n’a vu le jour qu’en 1970. En ce qui concerne les installations de la compagnie nous avions un terrain d’entrainement  à Bellerive, pour la belle saison, derrière l’ancienne piscine, proche des campings et l’hiver une butte de tir à la salle de la Mutualité, après le marché couvert, sans chauffage bien sûr, mais avec un pas de tir à 30 mètres. Il y avait une rampe de résistances infrarouges dans le dos des archers sur le pas de tir et quelques courants d’air par ailleurs. Cette salle était une salle de basket, utilisée par la JAV  pour ses matches. Au tout début de la Compagnie, l’entrainement d’hiver se faisait au Concours hippique, rue Jean Jaurès, Le pas de tir était dans l’allée centrale des écuries, avec comme spectateurs les chevaux dans leurs stalles.

La Compagnie des Archers de Vichy, vers 1965, au terrain de l’Ancien Tir aux Pigeons

De gauche à droite : Jacky X, Jean-Paul LEPLAIX, André BARDET, Roger BOS, Roger CAMBOS, Lucien QUEUILLE, Roger FOISSAC, René LENOEL ; au centre avec la coupe Jean COUPET ; devant Jean-Luc COUPET, Alain LENOEL et Jean-Claude BARDET

L’hiver, nous étions une dizaine d’archers réguliers à l’entrainement les lundis soir. Toutes les semaines étaient remis en jeu les « pompons ». Le meilleur score de la soirée avait un gros pompon jaune, le suivant un rouge et ainsi de suite jusqu’au blanc, en suivant les couleurs de la cible. Le dernier avait le « pompon vert couleur pâquerette ». La semaine suivante celui qui perdait une couleur sur son pompon devait 1 franc à la caisse commune.

Dans cette salle, ont été organisées les premières compétitions en salle avec 2 fois 36 flèches à 30 mètres sur un blason de 80 cms, ce qui était la règle à l’époque.

Dans cette salle, ont été organisées les premières compétitions indoor de la ligue d’Auvergne vers 1965 avec 2 séries de 36 flèches à 30 mètres sur blason de 80 cms. Ce n’est que vers 1970 qu’ont vu le jour des compétitions indoor avec le choix de la distance pour l’archer 25 mètres blason de 60 cms ou 18 mètres blason de 40 cms.

L’été  nous étions au stade de l’Ancien Tir aux Pigeons, avec un vestiaire sous les tribunes, que l’on appellerai  « club house » de nos jours, un pas de tir beursault à 50 mètres aller retour et une butte de tir pour les 60, 70 et 90 mètres de l’époque.

Les compétitions FITA se déroulaient sur une journée avec 4 distances et 36 flèches par distance 90,70,50 et 30 mètres pour les hommes, 76,60,50 et 30 mètres pour les femmes et les juniors. C’est dire que les hommes devaient tirer au moins 40 livres avec les arcs de l’époque pour arriver à 90 mètres, c’était avant les branches carbone bien sûr.

J’ai essayé de vous faire un plan de ce terrain. Vous  remarquerez une signalisation de la perche qui servait entre autre, au tir du Roy en 1960. C’était une perche métallique de 30 mètres de haut, avec au sommet un râtelier sur lequel on disposait des oiseaux en bois, le roi étant celui qui dégommait l’oiseau le plus haut, avec des arcs métalliques et des grosses flèches avec le bout en bois, il était prudent de porter un grand chapeau en paille bien dure pour éviter les flèches quand elles retombaient ! Ce n’est que plus tard que l’oiseau a été posé au centre d’une cible à 50 mètres.

Le pas de tir de 50 mètres avait 2 buttes  pour pouvoir tirer dans les règles au beursault, c’est-à-dire 1 flèche dans un sens, une flèche dans l’autre, pour un total de 40 flèches. Le blason est noir et blanc, comporte 3 zones et l’on compte les cordons  au désavantage, ce qui est très désagréable à l’usage ! Au milieu de ce pas de tir on trouve l’allée du Roy, engazonnée, que seul le Roy de l’année avait le droit de fouler, théoriquement!

Lucien QUEUILLE, trésorier au tir à la perche avec un arc métallique.

Pour ce tir du Roy, la tradition voulait que le Roy de l’année précédente fournisse une boisson de son choix et un verre. Chaque archer participant devait donc partager ce verre avec le nouveau Roy, qui devait terminer la boisson sans rechigner. Je me souviens de début de règne bien arrosé pour certains !

Une grande butte servait pour les longues distances avec les pas de tir sur le terrain de foot, devant les tribunes.

La butte  était réservée l’entrainement grandes distances, avec les pas de tir devant la tribune. Vous remarquerez un abri sur ce plan, c’était une cabane en planches, ou votre serviteur s’abritait, avec une ouverture sur le côté. Muni d’une perche avec à son extrémité un disque blanc d’un côte, noir de l’autre, j’indiquais au tireur la position de ses flèches en cible, c’était avant la mise sur le marché de jumelles performantes et abordables ! Cette butte de tir a bizarrement était détruite par les flammes vers 1970 et nous avons donc déménagé pour intégrer le Centre Omnisports, qui ressemblait fort à un grand terrain vague à ses débuts.

Une tradition disparue, c’était le concours de la plus belle flèche. Lors des fédéraux, sur le tir à 50 mètres, on plaçait un marmot au centre de la cible avec un  10 millimétré par de fins cercles concentriques. En fin de tir, l’arbitre récupérait les centres de cible et désignait les 3 plus belles flèches, qui remportaient un prix.

Pour les FITA, la tenue blanche était de rigueur. C’est dans les années 70 que se déroulait sur ce terrain le fameux « ARCHER D’OR » au début c’était un double FITA sur 2 jours le dimanche et le lundi de Pentecôte. Le trophée était un archer de 180 gr. d’or réalisé par André BARDET, bijoutier et archer, qui devait être gagné définitivement  par la compagnie victorieuse 3 fois du concours. Le premier est parti à Bondy je crois, assez rapidement. André a donc refait un second au modèle du premier qui a été remporté par le Stade Clermontois et qui doit toujours être dans leur vitrine.

Cette compétition avait une grosse côte en France et dans les pays voisins à cause de son organisation sans faille, sa position centrale et la grande valeur des prix remis aux archers, de mémoire, coutellerie de Thiers, vases en cristal Daum ou Baccarat, porcelaine de Limoges, fromages d’Auvergne.  Chaque archer repartait avec un souvenir de qualité, toujours très apprécié.  Je me souviens d’archers venant de Belgique, d’Italie et d’Espagne, pour la France je peux citer les compagnies de Bondy, St Georges le Perreux, Issy-les-Moulineaux, Loos les Lille, Toulouse, St Chély, Marvejols, Lyon, ST Etienne, Rodez etc.… pour l’anecdote, un archer suisse nommé STUCKY était droitier mais n’avait plus que l’œil gauche, moralité la tige de son viseur mesurait dans les 20 cms, c’était particulier !

Un grand banquet, voire une soirée dansante réunissait les compétiteurs le dimanche soir dans la grande salle du Majestic par exemple, dans une ambiance très conviviale. Pour cette compétition,  nous installions une quarantaine de cible sur les 2 terrains de foot du stade, ce qui représente 150 tireurs ce qui était un record pour l’époque et une semaine de travail pour les bénévoles avant et après les tirs. La tenue du greffe était un travail important, un tableau affichant les scores des meilleurs  en cours de compétition était obligatoire et avant l’informatique il occupait un maximum de monde.

La couverture du menu de ma mère, du 10 juin dédicacée par les archers.

Une vue de l’ensemble des cibles sur les deux stades de l’Ancien Tir aux Pigeons

L’équipe de BONDY, victorieuse du premier challenge ARCHER D’OR, bien visible sur la photo

L’équipe du greffe en plein travail, avec votre serviteur au tableau de marque au fond

Au niveau des performances sportives de l’époque, nous avons eu un champion de France fédéral  en la personne de Jean-Paul LEPLAIX, dit  » NANO  » qui a remporté son titre à Senlis. A l’époque un fédéral c’était 36 flèches à 50 mètres et 36 flèches à 30 mètres sur un blason de 80 cms. Il a battu, malgré une très forte migraine, le grand champion, nommé BECKEN, connu sur tous les terrains à l’époque. D’après ses dires, sans mérite car  » tout allait dedans  » ce jour là. Le lendemain, en finale du beursault, BECKEN a pris sa revanche avec 40 honneurs bien sûr, mais 49 points devant NANO 40 honneurs et 48 points.

En individuel, Jean COUPET s’est qualifié pour les Jeux Para Olympiques de Tokyo en 1964. Le voyage était préparé mais pour raisons de santé, il n’a pas pu se faire.

La Compagnie a remporté de nombreux titres par équipes sur la région au cours de ces années.

Vers 1970, quelques archers vichyssois se sont vu remettre le ruban bleu du mérite sportif, par les mains de Roger FOISSAC, archer et délégué de Jeunesse et Sport, je pense à Roger BOS, Jean-Paul LEPLAIX et Jean COUPET.

Je me souviens avoir participé à la Coupe de France fédéral, en équipe d’Auvergne à Cosne/ Loire vers les années 1975, avec Guy DELANNOY, président de la ligue. Cosne avait un terrain proche de la Loire et toujours très venté, c’était sportif pour rester dans la cible à 50 mètres.

Pour finir, parlons un peu matériel. Au niveau des arcs, les premiers étaient métalliques, un poil raides à bander de marque Castrel ou Charriou. NANO a été chercher son premier arc bois composite à Lausanne, c’était un Sanders, vers 1965, puis on suivi les Lions, des arcs américains  magnifiques les Falken, Black Window, Yamaha puis Hoyt que l’on trouve encore aujourd’hui. Les premières branches carbone, très utiles pour les longues distances doivent dater de 1975. En 1965, le viseur s’appelait une hausse, placée sur la face avant de l’arc, souvent constitué d’un morceau de sparadrap avec une épingle à grosse tête piquée dedans, c’était avant les réglages micrométriques et la fibre optique ! Le clicker c’était un morceau de gros caoutchouc collé derrière le repose flèche en plume, qui était interdit à ses débuts !

L’équipe de Vichy,  vers 1970 : Jean-Paul LEPLAIX (lieutenant, arc Sanders)  Roger BOS(capitaine, arc Falken)  Jean COUPET(secrétaire, Falken) Lucien QUEUILLE (trésorier, arc Lion)

Le tir de la plus belle flèche sur marmot millimétré à 50 mètres :

MICKEY, J-Luc COUPET, Lucien QUEUILLE et René LENOEL